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Interview de SE Prosper Vokouma, Ambassadeur du Burkina Faso à Genève et Coordonnateur du C4 (Coton)

1. Le 30 avril 2003 le C4 soumet l’initiative sectorielle en faveur du coton africain au Comité de l’agriculture, pourriez-vous revenir sur la Genèse à un niveau diplomatique de la défense du coton africain à l’OMC ?

Fin avril 2003, le C4 (Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad) déposait une proposition de négociation à l’OMC intitulée « Réduction de la pauvreté : initiative sectorielle en faveur du coton ». Les quatre pays membres de l’initiative sectorielle en faveur du coton demandent aux Etats-Unis (EU) et à l’Union européenne (UE) de mettre fin à leurs subventions à effet distorsif sur le commerce du coton. Les pays africains producteurs de coton exigent une compensation à hauteur des dommages subis.

Comme vous le savez sans doute, les Etats-Unis et l’Union Européenne n’ont pas réagi par rapport à cette première intervention du C4. Pour eux l’initiative sectorielle en faveur du coton ne pouvait pas faire partie de l’agenda de Doha qu’ils considèrent comme un nouveau dossier qui ne fait pas partie du mandat donné par les ministres à Doha. Mais cette proposition du C4 a été massivement soutenue par les pays en développement.

C’est dans ce cadre que Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso s’est rendu en juin 2003 à Genève pour présenter cette initiative à une importante réunion du Conseil Général de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Il est important de rappeler que ce débat a eu lieu à la veille de la conférence ministérielle de Cancun en 2003.

Dans son discours, le Président du Faso a dit en substance « pour la première fois, les pays africains ne demandent pas de l’aumône, nous demandons tout simplement que les membres de l’OMC respectent les règles de l’organisation, règles auxquelles ils ont librement consenti ».

C’était là le début de l’offensive diplomatique et stratégique en vue de faire adopter l’initiative sectorielle en faveur du coton comme faisant partie intégrante du programme de l’agenda de développement de Doha.

Naturellement pour atteindre ce but, le soutien des différents groupes (groupe africain, groupe PMA, groupe des ACP) de négociations s’avère indispensable.

Après un grand travail diplomatique et un lobbying très offensif avec l’appui des médias, ces groupes ont décidé d’adopter l’initiative sectorielle en faveur du coton comme leur dossier. C’était là une première victoire diplomatique pour le dossier.

Pendant une réunion importante du Conseil Général de l’OMC qui s’est tenue au mois d’août 2003 à Genève, dans le cadre des préparatifs pour la Conférence ministérielle de Cancun, le groupe africain, les ACP et les PMA ont tour à tour apporté leur soutien à l’initiative sectorielle en faveur du coton.

Des pays en développement comme le Brésil, l’Inde, la Chine ont apporté également leur soutien. Il en est de même des pays africains dans leur discours individuel.

Ce n’est qu’après ce grand soutien général des pays en développement et de quelques pays développés que les Américain ont fait une courte déclaration pour reconnaître que la question était d’importance et méritait d’être examinée.

C’était là l’un des premiers et plus importants succès diplomatiques de l’initiative sectorielle en faveur de coton.

A partir de cet instant, les consultations ont commencé pour faire accepter l’initiative sectorielle en faveur du coton comme faisant partie intégrante du programme de Doha.

Finalement à partir de septembre 2003, il est envisagé que le coton puisse figurer au programme officiel de la conférence ministérielle de Cancun. Au même moment, les consultations et l’offensive diplomatique ont continué.

Tous ces efforts croisés ont fait que le programme de la conférence ministérielle de Cancun a inscrit le dossier à l’ordre du jour, tout juste après les discours d’ouverture. Cela a été une grande victoire d’étape pour le C4, le groupe africain, les PMA et les ACP.

Lors de la Conférence ministérielle de l’OMC à Cancún, l’Afrique a focalisé l’attention sur le dossier coton. Portes drapeaux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC), les quatre pays soumissionnaires ont stigmatisé les contradictions liées aux conditions de la production de coton dans le monde et, au-delà, les conditions de l’insertion internationale des pays africains dans un monde libéralisé.

La disproportion des chiffres et l’iniquité flagrante mises en évidence dans les argumentaires ont permis au dossier du coton africain de bénéficier d’une très large sympathie et de nombreux soutiens lors de la Conférence de Cancún. Le facteur de blocage principal a été le refus des pays en développement de débattre des “questions de Singapour” concernant la concurrence, les investissements, la facilitation des échanges et la transparence des marchés publics. Ces questions ont été un point de blocage central entre l’UE et les pays en développement. Mais ce sont les désaccords sur le dossier agricole en général et sur le coton en particulier qui cristalliseront les divergences pendant la conférence. Pour la première fois, une négociation commerciale internationale achoppait sur une revendication africaine reconnue comme légitime par la plupart des autres pays.

2. Pensez-vous que cette initiative sectorielle soit un cas d’école ? Si oui, pour quelles raisons ? Quelles ont été les principales leçons ? La mécanique de négociation, de travail en commun ? La dynamique africaine et internationale développée pour la défense du coton a-t-elle été utile dans d’autres négociations ? A-t-elle donné lieu à la création d’instances, de méthodes de communication de concertation, de stratégies diplomatiques sous régionales utilisées pour la défense d’autres matières premières, d’autres sujets de négociation ?

La solidarité développée autour de ce dossier nous a permis de ne pas baisser les bras et de continuer  le combat. A certains égards, le dossier coton peut apparaître comme un avant goût de combats plus larges ou d’une autre nature. D’un côté, plusieurs pays connus pour leurs positions libérales ont rapidement soutenu les Africains dans leurs positions, en particulier en ce qui concerne la suppression des subventions agricoles (c’est le cas par exemple du Canada, de l’Australie et de l’Argentine, connus comme des membres actifs du « Groupe de Cairns »). (C’est d’ailleurs cette menace qui semble pouvoir expliquer certaines des réticences de l’UE à s’engager fermement dans un soutien du dossier coton à Cancún, craignant des critiques trop virulentes sur le processus de réforme de la Politique agricole commune (PAC)). D’un autre côté, des organisations de la société civile vont s’emparer du dossier coton, en y voyant un cas d’école idéal pour mettre en relief les incohérences entre politiques commerciales et politiques de coopération au développement de l’UE et des EU. Le coton est aussi, pour plusieurs ONG, un support de communication idéal pour questionner la légitimité des instances internationales en charge de la régulation du commerce et du développement économique.

3. Le débat autour des subventions est complexe (leurs rôle et effets sur l’économie mondiale, leur suppression, leur défense, leur classification et transfert dans les différentes boites de l’OMC…) pourriez-vous nous résumer la position du C4 dans ce débat ? 

Dans l’Accord sur l’agriculture, toutes les mesures de soutien réputées avoir des effets de distorsion sur la production et les échanges sont interdites.

En ce qui concerne le coton, le marché mondial de ce produit est faussé du fait de l’attribution par les pays développés notamment par  les Administrations américaine et européenne de subventions énormes à leurs cotonculteurs (en moyenne, 3 milliards de dollars par an du côté américain et autour de 900 millions d’euros du côté européens), ce qui permet aux exportateurs américain et européens de  casser  les prix et donc de fausser gravement la concurrence.

C’est dans ce sens que suite à l’Accord cadre de juillet 2004, d’intégrer le coton dans les négociations globales sur l’agriculture, mais avec pour condition de le traiter de façon « ambitieuse, rapide et spécifique », accord entériné en   décembre 2005 par la conférence ministérielle de Hong Kong, le C4 a fait des propositions sur les trois piliers des négociations (accès au marché, soutien interne et concurrence à l’exportation) en juin 2006, à travers notamment une formule de  réduction   des   soutiens  internes  de la boîte   orange   accordés au coton (voir document de l’OMC sous la côte TN/AG/SCC/GEN/4 du 16 juin 2006). Cette formule  précise également  les concepts de modalités applicables à la boîte bleue, spécifiquement en matière de coton,  la période de référence pour le coton et  la  période de mise en œuvre. Les expressions boîte bleue, boite orange ou verte servent à désigner les catégories de soutiens ayant des effets de distorsions des échanges selon la gravité de ceux-ci.

Après quelques avancées sur l’accès aux marchés et sur la concurrence à l’exportation, le soutien interne, est et demeure le levier sur lequel il faut rapidement agir à ce jour pour donner un signal fort à l’ensemble des pays les moins avancés producteurs du coton.

4. Les pays africains avaient placé beaucoup d’espoirs dans la mise en place du Comité spécial sur le coton. Quels en sont les résultats?

Suite à l’Accord cadre de juillet 2004 prévoyant que le coton sera traité “de manière ambitieuse, rapide et spécifique”, dans le cadre des négociations sur l’agriculture. Le Sous-comité  coton a été crée le 19 novembre 2004  avec pour mandat de faire porter ses travaux sur “toutes les politiques ayant des effets de distorsion des échanges affectant le secteur”, dans les trois domaines clés des négociations sur l’agriculture (accès aux marchés, soutien interne, et concurrence à l’exportation). Mais ce volet commercial est lié aux négociations sur l’agriculture et il n’y a pas eu d’évolution majeure par refus catégorique de nos partenaires d’entrer véritablement en négociation. Le Sous comité a fait un travail remarquable, mais les résultats ne dépendent pas de lui car ce sont les membres qui négocient au sein du sous- comité coton.

5. Dans le rapport de situation du secrétariat du Sous Comité du Coton d’octobre 2010, il est souligné que le mandat spécifiant que la question du coton devait être traitée de manière « ambitieuse, rapide et spécifique […] était loin d’être accompli ». Cet engagement mentionné en août 2004 dans l’Ensemble des résultats de juillet et dans la Conférence ministérielle de Hong Kong en 2005 a-t-il jamais été respecté ? Si oui, dans quelle mesure ? Pour quels résultats ? 

Le mandat de la  conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005 de traiter le coton de manière ambitieux, rapide et spécifique est loin d’être accompli. Que constatons-nous à ce jour? L’ambition est toujours proclamée, mais faute de résultat probant elle est vidée de son sens.

La rapidité est de loin ce qui n’a pas pu être atteint puisque depuis 2005, peu de progrès ont été accomplis sur le pilier soutiens internes. Enfin, la spécificité semble être également vidée de son sens au regard du peu d’intérêt accordé par certains pays développés au traitement de ce dossier que nous refusons de voir relégué au dernier stade de la négociation.

6. Selon vous, comment ce mandat pourrait il être « accompli » dans la phase finale du cycle de Doha : quels sont les points de blocage principaux à lever ?

Pour que ce mandat soit accompli, il faut que nos partenaires, notamment les Etats-Unis et l’Union européenne s’engagent véritablement dans la négociation en acceptant les propositions du C4 ou à défaut en faisant des contre propositions aux pays africains producteurs de coton qui vont dans le sens du mandat de Hong Kong et compte tenu de l’engagement unique, il faudra que les autres domaines de négociations évoluent parallèlement dans le même sens.

7. L’Argentine exprime des réserves sur l’évolution positive vers une réduction des subventions en mentionnant les transferts dans la boite verte de certaines mesures de la boite bleue. Partagez-vous cet avis. Quelles sont selon vous les mesures principales impactant le coton africain faisant l’objet de ce « jeu de passe-passe » ?

Un des défis principaux du cycle de Doha est d’éviter ce qu’on appelle le « box shifting » c’est-à-dire remplacer des mesures orange et en voie d’élimination par des mesures bleues ou vertes, encore tolérées. C’est pour cela que la négociation des conditions et règles qui vont gouverner l’utilisation de la boîte bleue et verte après la conclusion du cycle Doha ont une importance énorme en général et pour le coton en particulier. Les éléments clefs dans ce contexte sont les années de base qui devront être utilisées pour déterminer soit les surfaces ou les quantités auxquelles seront appliquées les procédures bleues et les limites applicables en fonction des valeurs des produits.

8. Quel est selon vous l’impact de la « victoire » du Brésil sur une évolution positive dans le domaine de la réduction des subventions ayant des effets de distorsion ?

Pensez-vous qu’en s’appuyant sur l’approche du Brésil les pays africains devraient explorer la piste du contentieux afin de bénéficier d’une situation leur donnant un pouvoir et des outils de négociation plus importants face aux Etats-Unis ?

Le Brésil avait encouragé les pays africains à s’engager sur la piste du contentieux au moment où lui-même posait une plainte devant l’ORD. Quelle est l’état actuel de la coopération possible ou déjà engagée avec le Brésil pour le « montage » d’un dossier de contentieux ?

Le Brésil, l’Inde et le Pakistan souhaitent s’engager activement dans une politique de soutien et de coopération Sud-Sud avec les pays africains producteurs de coton. Pourriez-vous nous présenter l’état d’évolution de ces projets et les domaines particuliers visés en ce qui concerne le Burkina Faso ? 

Le différend Etats-Unis/Brésil, initié en 2002, a conduit effectivement à la condamnation des subventions que les Etats-Unis accordent à leurs cotonculteurs ; ce jugement a été confirmé par l’organe d’appel de l’OMC en 2005 et 2008. Malgré de nombreuses consultations entre les Etats-Unis et le Brésil, aucun progrès n’avait pu être fait pour trouver une solution au différend sur le coton dans la mesure où les Etats-Unis avaient toujours refusé d’entrer en réelle négociation en se cachant derrière l’argument selon lequel toute solution devrait être approuvée par un Congrès qui n’était de toute façon pas prêt à modifier le régime de soutien américain au coton. Pour éviter l’application des mesures de rétorsion et pour continuer les négociations en vue d’un accord, les Etats-Unis ont proposé la suppression des crédits de garantie à l’exportation GSM-102. Ceci représente une toute première et bienvenue étape vers la mise en conformité de la politique des Etats-Unis avec certaines obligations de l’OMC.  Un accord bilatéral passé entre les deux protagonistes offre également une compensation financière aux brésiliens d’environ 147.3 millions de dollars par an  pour fournir une assistance technique et un renforcement des capacités en faveur du secteur coton.

Le verdict final de ce « deal » est donc toujours en suspens. Ce qui est positif pour les pays africains producteurs de coton, c’est que l’accord maintient la pression sur les Etats-Unis qui doivent se mettre en conformité avec les règles de l’OMC,  Il a forcé les Etats-Unis à traiter au moins une question (le système de garanties de crédit à l’exportation) d’une manière systémique pour, il faut l’espérer, une mise en conformité totale avec les obligations de l’OMC.

Quant à l’idée d’engager un recours contentieux, il faut noter qu’au terme des travaux de la réunion de concertation des Ministres en charge du commerce du C-4 tenue le 26 novembre 2011 à Cotonou (BENIN),  les Ministres ont demandé aux négociateurs à Genève de réfléchir sur l’opportunité ou non de porter la question de l’initiative sectorielle en faveur du coton devant l’Organe de règlement des différends de l’OMC.

En exécution des instructions des Ministres, une série d’activités ont été organisées au début de l’année 2011 à Genève et à Bruxelles. Il s’agit de : (i) l’atelier de réflexion sur le coton, organisé par le Secrétariat ACP, qui a eu lieu le 27 janvier 2011 à Genève ; (ii) l’atelier de réflexion sur le règlement des différends : Un atout ou une contrainte pour la négociation ? : le cas du Coton à l’OMC, organisé par le C-4, le 12 février 2011 à Genève ; et (iii) la réunion des Représentants basés à Bruxelles et à Genève des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) producteurs de coton, tenue les 16 et 17 février 2011 à Bruxelles (BELGIQUE). Au terme de ces activités un rapport a été  établi. La suite appartient aux premiers décideurs de nos pays au niveau adéquat.

Pour ce qui est de la coopération Sud-sud, lors des différentes séries de réunions au titre du Mécanisme du cadre consultatif en faveur du coton le point de la coopération entre les producteurs de coton africains et des pays comme, le Brésil, l’Inde et le Pakistan est passé en revu.

Il est important de signaler qu’au titre de la coopération Sud-sud en matière cotonnière, le Brésil et l’Inde ont fait à l’intention des pays du C4 des offres intéressantes de coopération.

En ce qui concerne le Brésil, cette offre de coopération s’est traduite par la mise sur pied d’un programme d’assistance en faveur des pays du C4 et à travers l’organisation en 2007 de voyages d’études au profit de producteurs, de chercheurs et de responsables de l’administration publique du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Tchad ; et l’organisation d’une mission tournante d’une équipe de chercheurs brésiliens dans les pays du C4, à l’effet de définir avec leurs homologues les domaines de partenariat dignes d’intérêt. Ces partenariats se construisent progressivement, entre autres.

S’agissant de l’Inde, l’offre de coopération faite en 2007 aux pays du C4, a connu un début de concrétisation avec l’organisation courant mai 2010, d’une mission tournante d’experts indiens, à l’effet d’évaluer les besoins d’assistance technique et de renforcement de capacité, de transfert de technologie, de recherche développement dans les pays du C4, au Nigéria, au Kenya et en Ouganda ; et de partager l’expérience des centres de recherche développement de l’Inde avec leurs partenaires des pays à visiter à travers des formations et des spécialisations très poussées.

Au Burkina Faso, la délégation indienne a eu des séances de travail avec les services techniques de l’administration publique en charge du dossier coton, l’Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina (AICB), la recherche cotonnière, la Chambre de Commerce et les opérateurs du textile industriel et artisanal.

Par ailleurs, tout comme en ce qui concerne le Brésil, au plan bilatéral, la commission mixte Burkina Faso/Inde est également active et des axes de coopération sont en cours de réalisation dans divers autres domaines.

Avec le Pakistan, nous avons engagé aussi les échanges ; tout comme avec la République Populaire de Chine qui ne veut pas être en reste dans cette coopération.

9. L’UE semble tenir le rôle du « bon élève » en ce qui concerne la cohérence entre les engagements de Hong Kong et les actions conduites sur la réduction des mesures de soutien internes au coton (suppression des aides de la catégorie orange), travail de découplage des aides, libéralisation de l’accès au marché du coton, nombreux décaissements et projets de développement dans le secteur cotonnier… Existe-t-il des subtilités qui nuanceraient ou renforceraient encore plus cette vision ? 

Il est vrai qu’il faut reconnaitre un effort de la part de l’Union européenne qui, avec sa réforme de 2004, confirmée en 2006 après la demande de mise en conformité requise par la Cour de justice de l’union européenne, que l’EU a découplé 65% de ses subventions au coton et a transféré le reste des subventions ayant un effet de distorsion sur les échanges de la boite orange à la boite bleue, considérée comme moins distortive. Nous avions à l’époque déjà salué cet élan positif et demandé un effort supplémentaire pour arriver à un découplage à 100% et nous continuons à demander cet effort supplémentaire.

En plus de cette réforme, l’Union européenne a lancé depuis 2004 un partenariat en faveur du coton africain à travers lequel pas moins de 15 millions d’euros sont alloués au renforcement du secteur coton.

Mais, les subventions européennes restent les plus élevées au monde par kilo de coton produit, le taux de découplage du soutien au coton (65%) est substantiellement plus bas que le taux moyen de découplage des autres produits (>90%) contredisant ainsi l’engagement de l’UE pris à Hong Kong de faire plus dans le coton que dans le reste de l’agriculture, en raison de son importance pour le développement des pays pauvres.

Les pays africains producteurs de coton considèrent qu’il s’agit là d’une réforme incomplète qui ne remplit pas les obligations de Hong Kong.

10. Quels sont les enjeux de la coopération et collaboration entre les pays africains producteurs de coton et la Chine dans un cadre plus large de diplomatie économique ?

Je dirai que ces relations sont en train de passer du bilatéralisme au multilatéralisme. Cette évolution importante est due au soutien de la Chine aux organisations interafricaines. Depuis 2003, la Chine renforce ces relations multilatérales avec les organisations régionales et sous régionales africaines. En effet, depuis le premier sommet sino-africain, la politique africaine de la Chine s’inscrit désormais dans une logique multilatérale, étant entendu qu’elle se définit par rapport au continent africain dans son ensemble et non plus par rapport aux Etat pris individuellement.

La satisfaction des besoins pour le renforcement de l’économie chinoise ne se limite pas seulement l’approvisionnement en pétrole. L’économie de l’empire du milieu a besoin d’autres produits comme le coton, etc. Il faut le rappeler, la Chine est le premier pays consommateur de coton au monde.

En 2000, la relation Chine-Afrique a connu une courbe ascendante en termes de qualité des échanges économiques. D’environ 9 milliards de dollars en 2000, les échanges sino-africains se sont élevés à 40 milliards de dollars en 2005, puis 55 milliards de dollars en 2006. Cette progression pourrait atteindre plus de 100 milliards de dollars en 2011, estiment certains analystes.

11. Les Etats-Unis, au travers du Programme d’amélioration du coton de l’Afrique de l’Ouest (WACIP) parviennent-ils à pallier de manière satisfaisante au préjudice qu’ils font subir aux pays africains producteurs de coton au travers des subventions qu’ils allouent à leurs producteurs ? Auriez-vous des chiffres permettant d’évaluer le montant des programmes du WACIP et le type de financement qui leur sont attachés (crédits à taux préférentiels, financements gracieux, marchés intéressants pour des semenciers et producteurs d’intrants américains…) et l’estimation des préjudices subis par le C4 ? 

L’objectif global du Programme d’amélioration du coton Ouest africain (WACIP) est de réduire la pauvreté et la faim en augmentant les revenus des producteurs de coton et des transformateurs. Selon certains responsables du WACIP, pour résoudre les principaux problèmes liés au coton africain, il faut se concentrer sur des aspects techniques tels que l’approvisionnement en intrants et le crédit, l’amélioration des techniques d’égrenage….etc.

Le montant du programme WACIP était de vingt huit (28) millions de dollars USD sur la période 2006-2010. Notons que ce programme qui a pris fin en 2010 a été renouvelé. Nous saluons cette contribution financière et nous exhortons les EU à faire davantage preuve de générosité au regard des énormes difficultés (hausse du prix des intrants, des engrais en particulier, l’évolution incertaine de la chaîne de valeur du coton) auxquelles est confrontée la filière cotonnière ouest africaine. Mais tout en mesurant l’importance de l’aide au développement en faveur du coton, nous voulons ici souligner qu’à nos yeux, l’aspect commercial reste la solution idoine pour nos filières cotonnières menacées de disparition.

Quant à l’estimation des préjudices subis par le C4, Il est clair que les pays de l’Afrique de l’ouest et du centre en particulier ont subi et continuent de subir un préjudice grave du fait des subventions accordées aux producteurs de coton aux Etats-Unis. Ce préjudice pourrait même s’aggraver si les Etats-Unis ne se conforment pas aux règles de l’OMC à court terme.

Selon des études de la Banque mondiale, les subventions accordées aux Etats-Unis réduisent, à elles seules, de plus de 250 millions de dollars le revenu annuel que les agriculteurs de l’Afrique de l’Ouest tirent de l’exportation de coton. Il est même possible que le préjudice subi par les pays africains du fait des subventions agricoles américaines dépasse les avantages que ces pays pourraient retirer de la loi sur la croissance et les potentialités de l’Afrique, qui accorde un accès préférentiel aux produits africains sur le marché américain.

12. Dans le cas du partenariat UE-ACP/Afrique, quels ont été les impacts des projets mis en place depuis l’initiative sectorielle ? Quelles sont les perspectives du nouveau cadre d’action du partenariat UE-Afrique sur le coton ?

Dans l’ensemble, la plupart des activités programmées pour le volet coton semblent se dérouler normalement, même s’il est actuellement trop tôt pour évaluer leur efficacité et leur impact. Cependant, on doit relever la lenteur excessive rencontrée dans le processus d’élaboration des stratégies coton pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Pour l’Afrique de l’Ouest, la complexité est accrue par la nécessité de partir d’une actualisation de l’Agenda pour la compétitivité de la filière coton-textile adopté par les Chefs d’Etat et de Gouvernement en 2003 et évoluer vers une stratégie régionale partagée par toutes les parties prenantes.

Face au retard constaté, le Comité d’Orientation et de Suivi du coton a demandé à l’Unité de Coordination relative aux produits de base agricoles d’activer son processus de décentralisation en Afrique de l’Ouest pour faciliter les travaux dans le cadre d’une mobilisation de tous les acteurs en vue de l’élaboration et l’adoption d’une stratégie régionale coton. Ce document présente la dernière mise à jour de la mise en œuvre du partenariat UE-Afrique sur le coton qui a été conclu par l’UE et les pays africains en juillet 2004 (Forum de Paris). Ce partenariat s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action conjoint qui a évolué vers un cadre d’action. A la suite d’une évaluation à mi-parcours du partenariat en juin 2009, le plan d’action a été révisé pour devenir le cadre d’action du Partenariat. Le cadre d’action réaffirme la pertinence du partenariat UE-Afrique sur le coton et la nécessité de le poursuivre en l’adaptant au contexte actuel. Le cadre d’action est à la fois un document stratégique de référence s’articulant avec les stratégies régionales coton et un outil de suivi des actions menées dans le cadre du Partenariat UE-Afrique sur le coton. Il constitue un outil de suivi de l’ensemble des appuis spécifiques du coton africain qui est mis à jour périodiquement sur la base d’informations obtenues auprès des divers bailleurs de fonds et des organisations interprofessionnelles intervenant dans les filières cotonnières africaines.

13. De nombreuses agences conduisent des projets liés au coton dans les pays du C4 et en Afrique en général. Vous serait-il possible de nous dire dans quelle mesure il serait possible d’avoir une synthèse des analyses d’impact, des évaluations des bénéfices réels, de l’atteinte ou non des objectifs de ces projets afin de comprendre dans quelle mesure l’aide au développement internationale contribue ou non à avancer vers une sortie de crise des filières coton?

La Conférence Ministérielle de Hong Kong de décembre 2005 a entériné l’option prise en juillet 2004 à Genève d’aborder la question du coton, non seulement du point de vue commercial, mais également à travers l’aspect développement.

Le paragraphe 12 de la déclaration ministérielle de Hong Kong définit le cadre dans lequel il est demandé à la communauté internationale du développement d’intensifier encore son aide concernant spécifiquement le coton. En même temps, les pays africains producteurs de coton sont encouragés à poursuivre et à approfondir leurs efforts de réforme interne visant à accroître la productivité et l’efficience.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ces dispositions à travers le mécanisme du cadre consultatif du Directeur général de l’OMC en faveur du coton, l’aide au développement en faveur du coton se répartit en deux catégories : aide au développement spécifique en faveur du coton  et aide au développement  dans les domaines de l’agriculture et des infrastructures connexes. Il est constant que cette aide est fortement conditionnée à des mesures de réforme interne dont toutes n’ont pas toujours été positives surtout dans le cadre des processus de privatisation.

Six années après l’adoption de ces mesures, le bilan régulièrement enregistré par le Directeur général paraît plus que mitigé. En effet, les apports fournis par les partenaires au développement dans le cadre de l’aspect développement  du dossier coton semblent, sous leur forme actuelle, insuffisants. Il convient de relever également les similitudes entre les projets et programmes conçus et financés par les donateurs multilatéraux et bilatéraux ; ce qui ne permet pas une rationalisation dans l’utilisation des ressources et une réelle efficience desdits projets et programmes. Afin de corriger ces situations d’inefficience et dans le souci de mieux prendre en compte les spécificités des besoins de développement du secteur coton des pays co-auteurs de l’initiative sectorielle en faveur du coton (C-4), l’option a été prise au niveau du C-4 de tenir compte dans les négociations du nécessaire lien entre l’aspect développement du dossier coton et l’initiative de l’Aide Pour le Commerce (APC) et définir, en lieu et place des projets nationaux épars à l’impact relativement limité, un cadre propice à la formulation d’un programme conjoint multidimensionnel et intégré à soumettre aux partenaires au développement.

14. Dans une stratégie de valorisation du coton et d’une plus grande transformation textile dans la région, comment voyez-vous l’articulation entre la préservation des relations commerciales et diplomatiques, le renforcement de la coopération Sud-Sud et la protection d’une transformation et d’une consommation locales ou régionales ?

Dans une stratégie de valorisation du coton et d’une plus grande transformation de la fibre,  il faudra rendre disponibles les stratégies nationales ou régionales en faveur du secteur coton avec une indication des domaines d’intervention des bailleurs de fonds sur le coton. Il faudra développer des programmes de coopération Sud-Sud en vue d’une meilleure intégration de la chaîne du coton, y compris une plus grande transformation à l’échelle régionale, il faudra également veiller à un renforcement de capacité dans les pays africains producteurs de coton et à une amélioration de la compétitivité des filières à travers, entre autres, la baisse des coûts de production, la formation et la recherche.

C’est dans ce cadre que la Commission de l’UEMOA a mis en place depuis 2003, un agenda pour la compétitivité de la filière coton – textile qui avait pour objectif majeur de transformer 25 % de la production à l’horizon 2010.

Cet agenda, qui n’a pas atteint les résultats escomptés en raison des difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre, est à ce jour en cours de révision, notamment au niveau des objectifs stratégiques et opérationnels de la filière coton-textile intégrant l’ensemble des préoccupations liées à la compétitivité, à la transformation et à la commercialisation du coton.

Mais notre conviction profonde est que les importantes potentialités de la filière coton-textile pour le développement économique de nos pays, ne peuvent pas être durablement exploitées tant que la question de l’assainissement du fonctionnement du marché mondial du coton ne sera pas une réalité.

15. Coton et consolidation de l’intégration régionale – dans quelle mesure le coton est-il un instrument favorisant l’intégration régionale (politique, sociale, commerciale, culturelle) ? Dans quelle mesure pourrait-il jouer un rôle encore plus grand ?

Plus de 15 millions de personnes vivent directement ou indirectement de la culture du coton en Afrique de l’Ouest et du Centre où ce produit est la principale source de revenus. (i) Il leur permet d’abord, d’améliorer leurs conditions matérielles de vie, car les revenus tirés de la vente du coton leur permettent de satisfaire un grand nombre de besoins quotidiens. (ii) Ensuite il leur permet d’accéder à l’éducation et aux soins de santé à travers notamment la contribution des paysans à la construction d’écoles, de centres de santé communautaires. (iii) Enfin, les autres cultures profitent de celle du coton en termes d’engrais, de savoir faire, de mécanisation et de crédits.

A cela, il convient d’ajouter le rôle important en matière de désenclavement et de politiques sociales joué par les compagnies cotonnières car, pour mieux assurer le transport du coton, ces compagnies contribuent à la construction et à la réparation des routes et pistes rurales tant au niveau national que régional.

Le désenclavement a un effet multiplicateur sur le bien-être des populations à travers la connexion entre zones de production et zones de commercialisation.

16. Le faible niveau actuel de transformation du coton dans toute la sous-région est une problématique qui est au carrefour de beaucoup d’autres (stratégie énergétique, financements, infrastructures de transport…). Comment envisagez-vous une évolution dans ce domaine, au Burkina et dans la sous-région selon quel ordre de priorité ? Quels sont les points de blocages que les plus hautes autorités politiques étatiques peuvent contribuer à lever ?

C’est un débat en cours au niveau de la Commission de l’UEMOA. Ce débat prendra en compte naturellement la sécurisation des revenus des producteurs de coton, l’attraction de l’investissement privé dans la transformation de la fibre, et l’implication des égreneurs dans la transformation de la fibre. Donc je ne me prononcerai pas plus sur le sujet.

17. Si vous deviez donner 2 écueils, sujets de crispation, vérités centraux mais difficiles à dire et à entendre en ce qui concerne la situation actuelle du coton africain en Afrique de l’Ouest et du centre, quelles seraient-elles ?

Je ne sais pas s’il y a des vérités difficiles à dire et à entendre en ce qui concerne la situation actuelle du coton africain.

Mais pour que la production cotonnière des pays africains soit rentable et puisse constituer une activité économique clé pour notre équilibre socio-économique ; il semble nécessaire de traiter les problèmes concurrentiels au niveau de l’OMC, avec deux objectifs principaux : obtenir l’arrêt des intolérables subventions américaines (voire, européennes) au coton et maintenir une « ceinture de sécurité douanière » aux frontières des pays africains, le temps qu’ils mettent en œuvre avec succès leur stratégie de filière et de valeur ajoutée « coton ».

18. Dans le tandem peuple et leaders pour un développement de l’Afrique : la « nécessité de s’assumer », est-ce une responsabilité historique de nos générations ?

Il appartient aux générations actuelles d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures. Partout dans le monde, la construction de nations modernes et la définition de stratégies de développement ont du temps. L’Afrique n’échappe pas à cette règle, mais elle doit prendre effectivement son destin en mains en s’engageant énergiquement dans un projet collectif dont la construction et la mise en œuvre appartiennent à la fois aux élites politiques et intellectuelles et à l’ensemble des acteurs sociaux dans et hors du continent.

Dans cette voie, et en complémentarité avec les efforts consentis par les acteurs institutionnels et non institutionnels dans chaque pays, au niveau régional, continental et mondial, nous ne devrons plus nous contenter seulement de faire des bilans, mais plutôt œuvrer à faire émerger une Afrique ayant sa propre vision du monde, sa propre conception de la gouvernance et son propre itinéraire de développement ancrés dans les réalités du continent et répondant aux défis de la modernité et de la mondialisation. Les générations actuelles ont la responsabilité de léguer aux générations futures : (i) une Afrique qui a trouvé elle-même sa voie en tirant le meilleur parti de ses traditions, revisitées à la lumière des défis du 21e siècle, et le meilleur de l’expérience internationale, librement interprétée par elle et non imposée sous forme de normes et de conditionnalités ; (ii) une Afrique dotée d’un système de production et d’échange lui permettant à son tour de bénéficier des avantages de la mondialisation mais aussi d’énoncer ses propres règles du jeu afin de préserver ses écosystèmes, de développer progressivement ses propres compétences et son propre système productif, de concevoir son propre développement durable en se réappropriant son riche potentiel ;et (iii) une Afrique qui a renouvelé ses relations et renforcé un partenariat juste et équitable avec les autres pays et continents du monde, qui est sortie de la dépendance et qui fait entendre sa voix dans le concert des nations.

19. En prenant la question du coton comme illustration, selon vous, comment l’Afrique peut-elle avancer vers une plus grande liberté (gagnée) de faire ses choix et exercer une plus grande capacité à les défendre ?

J’ai déjà répondu à cette question en partie, au risque de me répéter je dirai que le dossier coton a fini par devenir un dossier emblématique du Cycle de Doha. La question des subventions agricoles présente de sérieuses menaces sur la crédibilité de l’OMC. L’impossibilité de trouver une réponse adéquate à l’initiative sectorielle en faveur du coton est jusqu’à ce jour un des facteurs paralysant du Programme de Doha pour le Développement.

Les pays du C4 et l’ensemble des pays africains se sont donnés comme mot d’ordre de ne pas abandonner le combat et de maintenir la pression sur les pays qui octroient des subventions distorsives à leurs producteurs de coton. Ils doivent  rester solidaires et soudés y compris  avec les organisations paysannes ainsi que les Organisations non gouvernementales nationales et régionales pour une même cause comme cela a toujours été le cas du dossier coton. C’est de cette manière que l’Afrique peut faire entendre sa voix et défendre ses intérêts et cela ne pourra se faire sans solidarité, unité et engagement.

20. Qu’avons-nous oublié de vous demander qui vous semble crucial dans cet état des lieux sur le coton africain?

Depuis huit ans, nous n’avons cessé de montrer à la communauté internationale la détresse que vivent les producteurs de coton des pays africains. Nous l’avons dit et répété, pour nous, ce qui se joue à l’OMC n’est ni plus ni moins que la crédibilité du système commercial multilatéral auquel nous devrions être tous attachés.

Avec, les Etats-Unis d’Amérique, le tableau est beaucoup moins encourageant. Non seulement il s’agit de la plus importante source de distorsion en volume du marché du coton, mais de surcroît, et malgré une condamnation à l’OMC dans un différend avec le Brésil, aucun signe positif n’a été enregistré dans le sens d’un alignement de leurs pratiques de soutien sur celles autorisées par le système commercial multilatéral. Nous fondons beaucoup d’espoir dans la réforme prévue de la Farm Bill (loi agricole américaine) de 2013 pour enfin voir ce grand pays se conformer aux règles de l’OMC. Les cotonculteurs africains ne demandent pas un traitement de faveur, ni un traitement spécial et différencié, mais simplement l’application des règles et principes que les membres de l’OMC se sont eux-mêmes donnés.

L’augmentation des prix du coton constatée depuis juillet 2010 n’est pas une raison suffisante pour ne rien faire et cette augmentation reflète un déséquilibre structurel de l’offre et de la demande. Lors de la dernière campagne 2009/2010, les pays ACP ont produit 800.000 tonnes de coton-fibre, soit 3,5 % de la production mondiale. Alors qu’il y a quelques années le Burkina et le Mali à eux seuls produisaient plus que cela. A court terme, les prix du coton devraient se maintenir à un niveau très élevé. Mais les  cotonculteurs des pays africains ne profitent pas de cette hausse. A moyen et long terme, les perspectives sont moins réjouissantes et plus aléatoires. D’une part, parce que l’augmentation des prix du coton va se traduire, théoriquement et mécaniquement, par une augmentation des prix des produits textiles et des vêtements.. De telles augmentations ne peuvent pas être supportées par le marché mondial des produits finis textiles et de vêtements. Ceci aura pour conséquence, soit d’inciter les consommateurs à réduire leurs achats vestimentaires et textiles, soit de reporter leurs achats sur des produits vestimentaires et textiles autres qu’en coton. Dans tous les cas, cela devrait peser sur la consommation mondiale de coton.

Plus fondamentalement les prix du coton et donc le revenu des cotonculteurs seront au cours des prochains mois directement fonction de la production mondiale de coton et donc des conditions météorologiques. Si les conditions météorologiques dans les principaux pays producteurs sont mauvaises, la production sera faible et les prix seront élevés, et inversement.

Enfin, permettez-moi de vous remercier et remercier à travers votre agence, tous ceux qui luttent pour notre cause.

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